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«Chacun dentre nous est une petite note fugitive Robert Laffont (né le 30 novembre 1916 à Marseille) est un important éditeur littéraire français, fondateur des Éditions Robert Laffont en 1941. Orphelin de sa mère, décédée des suites des ravages de la pandémie de la grippe espagnole de 1918, il suit les traces de son père directeur de la Compagnie générale transatlantique. Mais Robert quitte bien vite le giron familial et fonde en 1941, à Marseille, âgé de 26 ans, totalement inconnu et peux argenté, une maison dédition quil souhaitait appeler les Éditions du Dauphin, mais qui se nommera finalement Robert Laffont, lorsquil linstalle à Paris en 1945. A cette époque, un jeune éditeur pour ainsi dire inconnu et pas très argenté pouvait publier Ce que savait Maisie de Henry James en commandant la traduction à Marguerite Yourcenar et la préface à André Maurois, ou acheter les droits de LAttrape-Coeur, de J. D. Salinger, et dune trentaine douvrages de Graham Greene ou Dino Buzzati. «Avant moi, le monde de lédition cétait la littérature, mais pas de littérature populaire. Cétait mal vu. Quand je suis arrivé, jai choqué mes confrères en faisant des best-sellers», explique léditeur. Un choix qui fera le succès de sa maison dédition. Parmi ses premiers grands succès: Graham Greene, Henry James, Gilbert Cesbron, Bernard Clavel, Henri Charrière, Mikhaïl Boulgakov, Alexandre Soljenitsyne, Bruno Bettelheim. Robert Laffont a cinq enfants, dont trois dans lédition (et un, Patrice Laffont, animateur de télévision): Anne Carrière (des éditions du même nom), Isabelle Laffont (directrice des Éditions Jean-Claude Lattès) et Laurent Laffont (directeur éditorial chez Lattès). «Je n'ai jamais forcé mes enfants à devenir éditeurs. Sils le sont devenus, cest quils en avaient envie», précise le père de famille. Mais nous voulons le signaler ici surtout en tant quéditeur de presque toute luvre de Satprem. Ainsi il écrit le même Robert Laffont: Et tout récemment, face au silence distrait de la presse à la triste nouvelle de la disparition de Satprem (le 9 avril 2007), Robert Laffont a eu le seule en toute la France, hélas! un cri dindignation, comme il nous la si bien rapportés Pierre Assouline, journaliste du Monde: (Pierre Assouline): Tout aussi émouvant, mon ami Robert Laffont se désole quaucun journal nait mentionné la récente disparition de Satprem, un homme quil aimait et un écrivain quil admirait. Là encore, la rare gratitude dun éditeur pour son auteur: Robert Laffont: «Jai rencontré Satprem sous la forme dun livre, Par le corps de la Terre ou le Sannyasin que jai publié en 1974. Quelques années plus tard il était chez moi, avec sous le bras, les Agendas de Mère: vingt ans dune aventure de la conscience quil avait recueillie auprès de celle quon appelait Mère, Mirra Alfassa, compagne de Sri Aurobindo, grand visionnaire indien de lévolution. Cest la seule fois où je lai vu. Eveille-toi et veux! avait dit Mère: voilà le message quil y avait dans le regard de ce marin breton, écrivain-poète né à Paris en 1923, portant un nom sanscrit signifiant la vérité de lamour, résistant, arrêté par la Gestapo à lâge de vingt ans puis déporté qui allait produire une uvre que jallais avoir le privilège de publier pendant plus de trente ans. Sans toujours comprendre. Sans très bien savoir. Car il est de ces êtres très en avance sur leur temps que lon se doit daccompagner par pressentiment de leur futur impact, parce quils ont cette sincérité foudroyante qui creuse les grands chemins de la vie.» (Pierre Assouline): Cétait hier au téléphone lamicale réaction dun homme, Robert Laffont, que rien ni personne ne pourra jamais empêcher de réagir avec le coeur.
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